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«La RSE peut-elle contribuer à changer l’image du secteur de l’hôtellerie restauration»

par Sarah M. dans  #Événements  #RSE - 8 avr, 2022

Le 28 mars avait lieu l’assemblée générale annuelle de l’association RESO France. L’AG s’est clôturée cette année par une table ronde sur le thème : « La RSE peut-elle contribuer à changer l’image du secteur de l’hôtellerie restauration ? », animée par Eric Fauguet de Nantes et Vous TV.
Pour débattre autour de ce thème, plusieurs intervenants avaient été conviés : Catherine QUÉRARD (Présidente GNI Grand Ouest), Caroline DEGUET (Gérante du restaurant La Cantine d'Albert à Nantes), Denis JANNEAU (Gérant du restaurant Le Pavillon à St Herblain et Président de RESO France), Catherine GUERNIOU (Dirigeante de La Fenêtrière à Champigny s/ Marne (94) et Cheffe de File RSE pour la Fédération Française du Bâtiment), Véronique VANSTEENE (Chef de projet RSE FARE Propreté - Fonds d'innovation des entreprises de la Propreté), Marie MORCEL (Directrice générale de RESO France).

Marie Morcel a tout d’abord expliqué la raison de cette thématique. RESO est engagé dans une démarche RSE depuis 2014 et fait aujourd’hui le pari que cela peut être un outil pertinent : 
  • pour guider les professionnels face à leurs difficultés de recrutement, 
  • pour sensibiliser les salariés à venir vers le secteur. 
D'ailleurs, d’autres filières comme le bâtiment et la propreté ont déjà engagé des actions pour encourager leurs adhérents à s’engager sur les valeurs de la RSE.
de gauche à droite : Caroline Deguet, Catherine Quérard, Denis Janneau, Marie Morcel 
et Eric Fauguet.
 

1- Un secteur qui doit se déculpabiliser 

Catherine Quérard a débuté en rappelant la situation après 2 ans de pandémie : les salariés quittent l’hôtellerie restauration, ainsi on évalue à 237 000 le nombre de salariés en moins entre 2020 et 2021. La présidente du GNI Grand Ouest a noté cependant que durant la pandémie, le focus a été porté particulièrement sur notre secteur, souvent à mauvais escient. C’est pourquoi selon elle « il est temps pour les professionnels de se déculpabiliser. 
Bien que le nombre d’entreprises des CHR engagées dans une démarche RSE soit à ce jour méconnu, Catherine Quérard a mis en garde sur le fait que les futurs classements hôteliers intègrent des points de la RSE.

« Arrêtons de subir, il faut anticiper ». Catherine Quérard

Marie Morcel a enchainé en notant qu'habituellement, lorsque l'on parle de RSE, on pense communément à l’environnement.  Mais la 1ère ressource pour nos métiers reste la main d’œuvre. Il semblait important pour elle de remettre le volet social au centre de la RSE.

« Questionnons-nous sur les valeurs, questionnons les salariés et faisons la corrélation entre les désirs et ce qui peut être fait ». Marie Morcel

Ces difficultés de main d’œuvre et d’attractivité, d’autres secteurs les rencontrent.

2-Comment agissent les autres secteurs ? 

Secteur de la propreté

Quelques chiffres sur la filière :
140 000 entreprises – 550 000 emplois, dont 100 000 postes créés dans les 10 dernières années. La typologie des entreprises est très diverse : groupes nationaux, réseaux de groupes régionaux, PME, TPE sur tout le territoire.
Véronique Van Steene, chef de projet RSE pour la Fédération de la Propreté le confirme : son secteur, comme les CHR, a un fort besoin de main d’œuvre. Or les métiers de la propreté sont souvent peu attractifs : avec des tâches pénibles, des horaires décalés et des contrats souvent à temps partiel.
Pour répondre à cette problématique d'attractivité, la filière a fait le choix de développer une stratégie autour de la RSE et la création d’un référentiel sectoriel.
Ce référentiel a été construit autour de 18 engagements pertinents pour le secteur de la propreté et basés sur la norme de la RSE, l’ISO 26000. Pas de surprise, les sujets abordés concernent beaucoup les sujets sociaux (santé et sécurité, diversité, inclusion, qualité de vie au travail, mobilité…).
Une centaine d’entreprises ont été consultées pour attester que le référentiel soit cohérent avec leurs enjeux :
« Quel que soit notre taille, on est tous d’accord ». Véronique van Steene
La RSE n’est donc pas réservé aux grandes entreprises. 

Secteur du bâtiment

Là aussi, ce n’est pas Catherine Guerniou, dirigeante de la Fenêtrière (94) et cheffe de file RSE pour la filière du bâtiment, qui dira le contraire : la filière du bâtiment compte 50 000 entreprises dont 35 000 TPE.
Son entreprise La Fenêtrière est d’ailleurs une TPE avec 12 salariés. Malgré sa taille, l’entreprise est engagée en RSE et envisage même de devenir une entreprise à mission.
Catherine Guerniou explique que le but de la fédération du bâtiment en développant son programme « Bâtisseur Responsable » était d’emmener le maximum d’entreprises sur une démarche RSE.
Elle complète en rappelant que les métiers du bâtiment sont des métiers qui ont du sens. 

« On voit ce qu’on construit, ce qu’on fait de nos mains, et ça, c'est une valeur importante ». Catherine Guerniou

La fédération du bâtiment a voulu faire un outil facile et qui emmène tout le monde. Le référentiel du bâtiment n’a pas de cotation, pas de label. L’enjeu maintenant pour la filière est d’accompagner les chefs d’entreprise et leur faire comprendre l’utilité de la RSE pour repenser leur entreprise et leur façon de se développer.

Catherine Guerniou conclut en rappelant des chiffres pertinents pour appuyer son argumentaire :
•    43% de la réputation d’une entreprise relève de la dimension RSE
•    90% des salariés d’une entreprise engagée en termes de RSE sont fiers d’appartenir à cette entreprise.
•    62% des millénials veulent travailler pour une entreprise engagée, tournée sur l’équilibre vie pro, vie perso.
•    13% de performance économique en plus pour des entreprises engagées dans une démarche RSE

3-La RSE aujourd’hui dans l’hôtellerie restauration ?

La parole est donnée à deux gérants de restaurant qui ont engagé un travail sur les thèmes de la RSE :
Caroline Deguet a créé son restaurant la Cantine d’Albert à Nantes il y a 10 ans. Il compte 3 salariés, et elle les met au centre de tous les projets du restaurant. La restauratrice souhaite appliquer une gouvernance participative, et a à cœur d’expliquer à ses salariés le sens de ses actions et pourquoi elle le fait.
La COVID et la guerre en Ukraine lui ont fait prendre conscience de la nécessité d’intégrer la RSE dans son entreprise. Avec la pénurie de matière première, en collaboration avec ses fournisseurs, elle privilégie des produits locaux, quitte à utiliser moins de produits dits « nobles ».

« J’avais l’impression d’être illégitime, je me suis rendu compte que je faisais beaucoup de choses » Caroline Deguet.

Denis Janneau, gérant du restaurant Le Pavillon à St Herblain et président de RESO France a enchainé :
Son restaurant compte 12 salariés. À l'origine, le Pavillon était ouvert 7 jours sur 7, puis il a décidé de fermer les dimanches. Des membres de son équipe ont fondé des familles, afin de les faire rester, il a décidé de fermer les jours fériés, puis les fêtes. Il y a 3 ans et demi (avant la pandémie), Denis a finalement décidé de fermer tous les week-ends, là aussi pour fidéliser son équipe. Durant la crise de la COVID, il a focalisé son activité sur le traiteur et a gardé ses salariés en activité en temps partiel. Toute son équipe est restée à l’issue de la crise sanitaire.

« La RSE : c’est penser aux autres. » Denis Janneau.

4- CHR : un référentiel métier pour fin 2022

Pour conclure la table ronde, Marie Morcel a présenté le projet piloté par RESO France depuis fin 2021 : la rédaction d’un référentiel RSE spécifique au secteur de l’hôtellerie restauration.

Plusieurs ateliers ont été animés de novembre 2021 à mars 2022 en présence d’hôteliers-restaurateurs et des partenaires du secteur (syndicats, CCI …). 
Une première version du référentiel vient de se finaliser et, au regard des référentiels du bâtiment et de la propreté, se doit d’être encore améliorée.
« L’enjeu est d’avoir une grille de lecture qui soit lisible et accessible aux professionnels. »
Marie conclut en remarquant que dans la profession, « on fait les choses, mais on ne communique pas. On pointe souvent de ce qui est mal fait, mais on ne parle pas de nos points forts ».

La RSE permettrait de valoriser ce qui est bien fait, permettant aux professionnels de voir leur image grandie et d’attirer de nouveaux talents. 

Visionnez le REPLAY de la Table ronde : ici

Vous êtes intéressé par la RSE, souhaitez en savoir plus ou être accompagné : contactez nous contact@resoemploi.fr.
Vous souhaitez avoir plus d’infos sur le projet du référentiel RSE des métiers de l’hôtellerie restauration : contact Sarah Martin – s.martin@resoemploi.fr 
 

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